Involvement in truth (chanson)

Un morceau inspiré par ce courage qu’il nous faut parfois pour voir les choses en face, et avancer.

Paroles :
Can you see the light is stopped by all the masks
Can you see the lies are suffocating all the hearts
Don’t you know we’ve got to see reality
Stand up and be brave
No matter disapproval
Stand up and be brave
No matter disapproval

Involvement in truth
Involvement in truth
Guide me in this long long night
Involvement in truth

I see it every day
In the mirror of the life
The fear disguised in love
And the key just deep inside
We trust in illusion
But we have a life to live
Stand up and be brave
No matter disapproval
Involvement in truth
Involvement in truth
Guide me in this long long night
Involvement in truth

Playing hide and seek with our souls…
Involvement in truth
Involvement in truth
Guide me in this long long night
Involvement in truth

Can you see the light is stopped by all the masks
Can you see the lies are suffocating all the hearts
Don’t you know we’ve got to see reality
Stand up and be brave
No matter disapproval
Stand up and be brave
No matter disapproval.

Voix, guitare : Elfi Reboulleau
Guitare solo : Jonathan Cantin

 

La vieille lutte

Longtemps, je me suis battu
Vaillamment, sans faiblir,
Gardant ma lance bien tendue
Dans les mâchoires vieillies du pire.

Parfois gravissant un sommet,
Laissant couler ma sueur, mon sang
Gonflé d’orgueil et de fierté
Semblant pouvoir stopper le temps.

Mais la chute suivait sans surprise
Menant au bord de l’épuisement
Du gouffre, l’appel du lâcher-prise
Que je niais obstinément.

Quel autre choix ?
Pensais-je alors
Dogme inconscient, duel et froid
De la lutte ou bien de la mort.

Mais la conscience perce et trouve
Élargit l’horizon de son œil bienveillant
Et la fragilité se montre et s’ouvre
Se mue en force sereinement.

Viens l’heure de la dernière bataille
Où rien ne gagne ni ne perd
Où se dissout dans l’immense faille
Les résistances et vieux repères.

Un vent léger se lève alors
Frais et tendre, éternel
Porte avec lui l’étrange clameur
De l’être pur qui se révèle.

Serenite-D23-30

 

Au coin de la rue

Il ne survole pas le monde sur le dos des concepts,
il y plonge sans filet.
Il ne cherche pas le sens,
il le vit.
Sans posture, ni grands mots,
mais dans chacun de ses gestes, de ses regards.
Discrètement, sans rien attendre,
sans autre prétention
que d’être lui-même.
Il aime vraiment car il a détesté.
La conscience a su traverser en lui
l’indicible souffrance, la dureté, la laideur et la mort;
si bien qu’il peut voir maintenant la beauté partout.
Cachée à ceux qui croient la définir
du haut de leur piédestal.
Ce dont tous parlent et se vantent,
dans leurs salons bien à l’abri,
il l’incarne simplement,
là,
juste au coin de la rue.

 

Il se lève et emporte avec lui son intégrité, à moins que ça soit elle qui l’emmène, allez savoir. Depuis longtemps déjà il longe les voies de la solitude. Pas par choix conscient non, plutôt par nécessité, par honnêteté, guidé par ce respect de lui-même qu’il refuse de fouler au pied. Parfois, à l’abord d’un croisement, il sait qu’un autre être l’accompagnera. Quelques pas, quelques moments précieux d’échanges et de liens profonds. Jusqu’au prochain carrefour.
Il voit défiler les paysages, leur est attentif, y traverse des tempêtes où le vent et la pluie fouettent sans pitié et sans distinction, y surprend des états de grâce, de perfection telles qu’elles suffisent à le nourrir, lui rappelle la finalité de cette longue marche, longue et déterminée. Maintenant le cap, celui de la vérité profonde, il a vu s’affiner sa sensibilité jusqu’à son paroxysme, la joyeuse explosion de ce qui reste de certitudes illusoires, la conscience d’être à la fois le marcheur, la tempête et cet autre qui nous révèle. L’ensemble grandiose et chaque détail. Chacun des minuscules et innombrables détails qui ont occupé son attention. Tout.

 

L'homme intègre

Sainte Sauvage

Je m’y étais bien installée moi, dans le grenier de mon être. C’est là que j’y ai découvert les trésors subtils, les couleurs délicates et les sphères éthérées dans lesquelles je me plais à danser. J’y ai senti pour la première fois le parfum de l’omniprésence de l’amour, qui fait fondre quiconque s’ouvre à lui. J’y ai trouvé des muses, m’emmenant avec elles pour d’exaltants voyages, m’inspirant pour qu’à mon tour je les expire, dans un souffle commun. Et avant tout cela, me guidant dans mes découvertes, j’y ai perçu la voix de mon potentiel, l’attraction inexorable de la conscience en moi.

Cette voix me parvenait parfois clairement mais d’autres fois voilée, déformée voire imitée, comme modifiée par des filtres auxquels je n’avais pas accès. Afin d’améliorer la réception, je ne cessai de tripoter l’antenne sur le toit, persuadée que je devais diriger mon attention vers le ciel pour servir les valeurs portées par la voix de ma conscience. Mais rien n’y faisait. Pour ajouter à mon agacement, voilà que l’on tambourinait maintenant à la trappe d’entrée que j’avais soigneusement fermée pour ne pas être dérangée.

Ces visiteurs inattendus ne semblaient pas d’une compagnie très agréable; ils s’appelaient angoisse, agacement, tristesse. Toute une file. Honnêtement, je ne pouvais les ignorer. Alors dans un élan d’audace, j’ouvrais la trappe, descendait d’un étage et leur faisait face. Yeux dans les yeux, je leur tendais les bras. Un à un, ils perdaient toute consistance, ne demeurant qu’une énergie pure qui venait me nourrir, me grandir.

Je me remis alors à l’écoute de la voix de ma conscience. Elle semblait plus nette mais cette fois c’est son volume qui me faisait défaut. Une ouverture manquait quelque-part, qui la rendrait plus intelligible. Or, une porte demeurait close et je décidais de descendre plus bas. A la cave. J’avais toujours imaginé qu’un monstre terrible vivait à l’intérieur; une sorte d’animal féroce, à la force titanesque, n’écoutant qu’un instinct égoïste et destructeur. Je voulais faire demi-tour, mais il était trop tard : il fallait que j’y aille. Devant la lourde porte scellée depuis si longtemps, plusieurs gardiens. Un molosse nommé terreur, un petit homme, appréhension et enfin un enfant au léger nom d’hésitation. Aucun ne résista à mon étreinte. Encouragée par leur énergie transmutée, j’entrouvrais prudemment la porte. Courageuse mais pas téméraire semble-t-il.

Je jetais un oeil timide. Pas de doute, là, tout au fond, deux yeux me fixaient. Un regard qui semblait venir du fond des âges… Animal, vif, profond. Son magnétisme ne me permettait pas de me détourner de lui. Alors j’y plongeais, jusqu’à ce que nos deux regards n’en forment plus qu’un. A mesure que la porte s’ouvrait, laissant la lumière inonder la cave, l’énergie colossale que je  retrouvais m’inondait en retour. De toute son intensité. De toute sa puissance. De toute sa beauté indomptée.

     Enfin, j’ouvrais la bouche et laissait la voix de ma conscience, tant cherchée, faire vibrer mes cordes vocales. S’incarner. Enfin, je laissais cette énergie de vie brute et pure servir les plus nobles aspirations que j’avais trouvé au grenier.

Je laissais désormais les portes ouvertes et circulais librement dans la maison. Dans les miroirs accrochés ici et là sur les murs, je croisais une mère aimante, une guerrière déterminée, une fillette émerveillée, une amoureuse passionnée…

Joyeuse co-location !

 

 

Feu fléché