Première chanson en français !

Il rêve à celui qu’il pourrait bien être
Et se force à y croire
Commence à construire
Tente de faire tenir
L’infini
Dans la geôle de ses peurs

Il marche
Et cherche à fuir le vide
Il trace
A même le sol les contours de l’oubli

Mais le vent se lève et veut place nette
Et il commence à voir
Qu’il s’est égaré
Ne peut continuer
Sans mentir
Sans tout recommencer

Il marche
Et cherche à fuir le vide
Il trace
A même le sol les contours de l’oubli

La tempête en lui continue à croître
Et à tout emporter
Révèle avec elle
La douceur du craint
La profonde
Beauté du redouté

Il stoppe sa course et veille
Et se rend attentif
A tous les sons qui sans pareil
Résonnent sans motif
Il vibre

Se rend à l’évidence
Et entre dans la danse
Il est libre
Stoppe sa course et veille
Fait face et se dissout

Prend place.

Piece of grace (chanson)

Bon eh bien ça y est, je me lance !
Depuis quelques temps, des compositions me sont inspirées… Je vous laisse découvrir la première :


https://www.youtube.com/watch?v=5jqV7c4I5Js

Paroles :

Searching you for a long time
Now and ever
I can’t find you when my eyes are
Full of fever
I want you and I hope that
You are mine
Could I find myself, no
In the other side

Piece of grace
Through the dark storm
Live in me grow in me now
Piece of grace
From the source of
Each and everything
I’m yours and I know there’s
Nothing I can do
Will I will I will I open up my sun
Deep inside
Will I will I will I open up my sun
Deep inside

Run away again
In every place I go
I run away again
Through the men I love
Every word I read
And every sound I hear
Never be enough
Can’t be enough

Piece of grace
Through the dark storm
Live in me grow in me now
Piece of grace
From the source of
Each and everything
I’m yours and I know there’s
Nothing I can do
Will I will I will I open up my sun
Deep inside
Will I will I will I open up my sun
Deep inside

Tired to suffer
I want to wake up
To see the lie
And to leave the marsh
Feeling the true strenght
In the eternal begining
Become my desire
Become my desire

Piece of grace
Through the dark storm

Sexualité sacrée

Dans le froid et l’obscurité, elle a survécu, longtemps. Et puis un jour, au cœur de son être, elle a senti le moment d’entamer sa longue réalisation. Courageusement, héroïquement, elle a fait un pas vers elle-même. Un pas de quelques centimètres, mais qui lui permis néanmoins de percer la croûte terrestre.
L’air libre, enfin. Et au lever du jour, la délicieuse caresse du soleil. La douceur, la chaleur, le flot d’énergie tant attendus.

Maintenant qu’elle était lancée, elle ne pouvait plus s’arrêter de croître. Vers la Terre, elle étendait ses racines; vers le ciel, elle se déployait lentement. Petit à petit, elle sentait se former en elle l’éclat de sa couleur, particulière, la finesse de son parfum, unique.
Et quand elle fut prête, dans un rayon de soleil particulièrement engageant, elle ouvrit sa corolle. D’abord timidement, puis surprise elle-même par sa propre beauté, elle s’étira largement dans un élan spontané, s’offrant au monde.

Elle avait hâte de donner son pollen à un insecte butineur. Sa voisine la mit tout de suite en garde : « Tu verras, dit-elle, les bourdons sont goinfres et balourds. Ils prennent à peine le temps de nous regarder et de nous sentir. Les papillons ne sont guère mieux. Prétentieux, égoïstes, ils ne nous considèrent que dans la mesure où nous leur sommes utiles. »
Mais elle ne l’écoutait pas. Elle portait son attention sur les mouvements subtils de l’eau dans sa tige et dans ses feuilles, sur ses racines qui continuaient de se déployer, sur sa senteur qui s’intensifiait. Elle prenait plaisir à son épanouissement.

Lui était bien lancé, en direction de la ruche, mais il ne put que faire demi-tour en la voyant.
Elle rayonnait parmi les autres fleurs. Il n’aurait su dire précisément pourquoi, mais il sentait une force aussi mystérieuse que puissante l’attirer vers elle, comme un aimant.
Avec précaution, il se posa sur l’un de ses pétales. Ce qu’il était lisse et doux ! Son parfum l’enivrait déjà, ouvrant les portes de sa perception à un degré de beauté qu’il n’avait même jamais envisagé. Son idée était fixe et son intention claire; il s’approcha du cœur de la fleur.

Elle sentait la pureté de sa volonté, la fascination qu’il avait pour elle. Cela l’emplissait d’une joie profonde qui fit rougir un à un l’ensemble de ses pétales.
Toujours reliée au ciel et à la Terre, elle s’offrait entièrement à lui, demeurant le canal vivant de ces forces qui l’avait faite telle qu’elle était.

Tendrement, avec détermination, il plongea en elle. L’exquise puissance de leur rencontre les fascina, dans un instant d’éternité.
L’intelligence de la vie le guida jusqu’au centre de la fleur. Là où son nectar était le plus riche, le meilleur; là où si peu ont la chance de se rendre.
Une vague d’émerveillement les submergea quand ils eurent la vision commune du miel qui en serait tiré. Un miel à l’éclat doré éblouissant, à l’avant-goût d’ambroisie.
Qui profiterait aussi à d’autres, au-delà de leur union, diffusant en son sein la saveur diluée mais intacte de l’intensité solaire de leur amour. 

 

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Sainte Sauvage

Je m’y étais bien installée moi, dans le grenier de mon être. C’est là que j’y ai découvert les trésors subtils, les couleurs délicates et les sphères éthérées dans lesquelles je me plais à danser. J’y ai senti pour la première fois le parfum de l’omniprésence de l’amour, qui fait fondre quiconque s’ouvre à lui. J’y ai trouvé des muses, m’emmenant avec elles pour d’exaltants voyages, m’inspirant pour qu’à mon tour je les expire, dans un souffle commun. Et avant tout cela, me guidant dans mes découvertes, j’y ai perçu la voix de mon potentiel, l’attraction inexorable de la conscience en moi.

Cette voix me parvenait parfois clairement mais d’autres fois voilée, déformée voire imitée, comme modifiée par des filtres auxquels je n’avais pas accès. Afin d’améliorer la réception, je ne cessai de tripoter l’antenne sur le toit, persuadée que je devais diriger mon attention vers le ciel pour servir les valeurs portées par la voix de ma conscience. Mais rien n’y faisait. Pour ajouter à mon agacement, voilà que l’on tambourinait maintenant à la trappe d’entrée que j’avais soigneusement fermée pour ne pas être dérangée.

Ces visiteurs inattendus ne semblaient pas d’une compagnie très agréable; ils s’appelaient angoisse, agacement, tristesse. Toute une file. Honnêtement, je ne pouvais les ignorer. Alors dans un élan d’audace, j’ouvrais la trappe, descendait d’un étage et leur faisait face. Yeux dans les yeux, je leur tendais les bras. Un à un, ils perdaient toute consistance, ne demeurant qu’une énergie pure qui venait me nourrir, me grandir.

Je me remis alors à l’écoute de la voix de ma conscience. Elle semblait plus nette mais cette fois c’est son volume qui me faisait défaut. Une ouverture manquait quelque-part, qui la rendrait plus intelligible. Or, une porte demeurait close et je décidais de descendre plus bas. A la cave. J’avais toujours imaginé qu’un monstre terrible vivait à l’intérieur; une sorte d’animal féroce, à la force titanesque, n’écoutant qu’un instinct égoïste et destructeur. Je voulais faire demi-tour, mais il était trop tard : il fallait que j’y aille. Devant la lourde porte scellée depuis si longtemps, plusieurs gardiens. Un molosse nommé terreur, un petit homme, appréhension et enfin un enfant au léger nom d’hésitation. Aucun ne résista à mon étreinte. Encouragée par leur énergie transmutée, j’entrouvrais prudemment la porte. Courageuse mais pas téméraire semble-t-il.

Je jetais un oeil timide. Pas de doute, là, tout au fond, deux yeux me fixaient. Un regard qui semblait venir du fond des âges… Animal, vif, profond. Son magnétisme ne me permettait pas de me détourner de lui. Alors j’y plongeais, jusqu’à ce que nos deux regards n’en forment plus qu’un. A mesure que la porte s’ouvrait, laissant la lumière inonder la cave, l’énergie colossale que je  retrouvais m’inondait en retour. De toute son intensité. De toute sa puissance. De toute sa beauté indomptée.

     Enfin, j’ouvrais la bouche et laissait la voix de ma conscience, tant cherchée, faire vibrer mes cordes vocales. S’incarner. Enfin, je laissais cette énergie de vie brute et pure servir les plus nobles aspirations que j’avais trouvé au grenier.

Je laissais désormais les portes ouvertes et circulais librement dans la maison. Dans les miroirs accrochés ici et là sur les murs, je croisais une mère aimante, une guerrière déterminée, une fillette émerveillée, une amoureuse passionnée…

Joyeuse co-location !

 

 

Feu fléché