La floraison dans le chaos

Sa lucidité me pénètre, et je ne lui résiste plus.

Mes pieds au sol se stabilisent, ma conscience s’ouvre sur l’infini et le centre de mon être devient le siège de ma présence active.

Cette force du masculin en moi, je la goûte et lui rend honneur.

Au point précis de son intersection avec la vague d’amour primordiale, féminine, au plus profond de nos cœurs,  jaillit la source de tous les possibles.

Un feu d’artifice inconcevable.
Le merveilleux dans le banal.
Le bon dans le dur.
La floraison dans le chaos.
Encore et toujours.

Première chanson en français !

Il rêve à celui qu’il pourrait bien être
Et se force à y croire
Commence à construire
Tente de faire tenir
L’infini
Dans la geôle de ses peurs

Il marche
Et cherche à fuir le vide
Il trace
A même le sol les contours de l’oubli

Mais le vent se lève et veut place nette
Et il commence à voir
Qu’il s’est égaré
Ne peut continuer
Sans mentir
Sans tout recommencer

Il marche
Et cherche à fuir le vide
Il trace
A même le sol les contours de l’oubli

La tempête en lui continue à croître
Et à tout emporter
Révèle avec elle
La douceur du craint
La profonde
Beauté du redouté

Il stoppe sa course et veille
Et se rend attentif
A tous les sons qui sans pareil
Résonnent sans motif
Il vibre

Se rend à l’évidence
Et entre dans la danse
Il est libre
Stoppe sa course et veille
Fait face et se dissout

Prend place.

La quête

Elle est là
Je la sens
La goûte même parfois
Toujours trop peu pour en garder un souvenir précis
Mais assez pour me rappeler à elle
Sans cesse

L’essence originelle, la goutte dans le calice
Qui ruisselle
M’échappe encore
Je ne saurai me contenter d’autre chose
J’en crèverai s’il le faut
Mais je l’aurai

Je la percevrai dans mes veines, circuler
Dans mon regard
Mes lèvres
Sans cesse renouvelée autant qu’omniprésente
Sans limite
Et sans prise.

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Nous avions pris de l’élan, certes, jusqu’à la levée inexorable des vents contraires. Là où nous étions portés par les prémisses de nos visions, nous voilà luttant péniblement pour rassembler leurs morceaux, déchiquetés par le réel. Émiettés par la souffrance. Mais jamais totalement anéantis, attendant simplement leur heure pour renaître à l’évidence.

 

 vent contraire

La plénitude du vide

Je scrute l’obscurité infinie, les formes naissent et meurent, s’enchaînent et se répondent, kaléidoscope cosmique au chaos ordonné.

Je sonde le silence absolu, paisible, où les murmures du passé croisent les appels du futur, où se devine une symphonie triomphale, résonnant sans un bruit.

La plénitude du vide et cette brèche suspendue où la conscience se distingue, observe et jouit de pouvoir être active au sein de ce néant où tout est encore possible.

Le passant grandiose

Suis-je ce passant dépassé
Perdu entre le ciel et la terre
Cherchant en vain le moyen de rentrer chez lui
D’être libre ?

Suis-je cet être grandiose
Englobant en son coeur tous les décors possibles
As de la métamorphose, riant sous les masques
Du spectacle de soi ?

Ou bien les deux, et plus encore :
Leur articulation.

 

Sexualité sacrée

Dans le froid et l’obscurité, elle a survécu, longtemps. Et puis un jour, au cœur de son être, elle a senti le moment d’entamer sa longue réalisation. Courageusement, héroïquement, elle a fait un pas vers elle-même. Un pas de quelques centimètres, mais qui lui permis néanmoins de percer la croûte terrestre.
L’air libre, enfin. Et au lever du jour, la délicieuse caresse du soleil. La douceur, la chaleur, le flot d’énergie tant attendus.

Maintenant qu’elle était lancée, elle ne pouvait plus s’arrêter de croître. Vers la Terre, elle étendait ses racines; vers le ciel, elle se déployait lentement. Petit à petit, elle sentait se former en elle l’éclat de sa couleur, particulière, la finesse de son parfum, unique.
Et quand elle fut prête, dans un rayon de soleil particulièrement engageant, elle ouvrit sa corolle. D’abord timidement, puis surprise elle-même par sa propre beauté, elle s’étira largement dans un élan spontané, s’offrant au monde.

Elle avait hâte de donner son pollen à un insecte butineur. Sa voisine la mit tout de suite en garde : « Tu verras, dit-elle, les bourdons sont goinfres et balourds. Ils prennent à peine le temps de nous regarder et de nous sentir. Les papillons ne sont guère mieux. Prétentieux, égoïstes, ils ne nous considèrent que dans la mesure où nous leur sommes utiles. »
Mais elle ne l’écoutait pas. Elle portait son attention sur les mouvements subtils de l’eau dans sa tige et dans ses feuilles, sur ses racines qui continuaient de se déployer, sur sa senteur qui s’intensifiait. Elle prenait plaisir à son épanouissement.

Lui était bien lancé, en direction de la ruche, mais il ne put que faire demi-tour en la voyant.
Elle rayonnait parmi les autres fleurs. Il n’aurait su dire précisément pourquoi, mais il sentait une force aussi mystérieuse que puissante l’attirer vers elle, comme un aimant.
Avec précaution, il se posa sur l’un de ses pétales. Ce qu’il était lisse et doux ! Son parfum l’enivrait déjà, ouvrant les portes de sa perception à un degré de beauté qu’il n’avait même jamais envisagé. Son idée était fixe et son intention claire; il s’approcha du cœur de la fleur.

Elle sentait la pureté de sa volonté, la fascination qu’il avait pour elle. Cela l’emplissait d’une joie profonde qui fit rougir un à un l’ensemble de ses pétales.
Toujours reliée au ciel et à la Terre, elle s’offrait entièrement à lui, demeurant le canal vivant de ces forces qui l’avait faite telle qu’elle était.

Tendrement, avec détermination, il plongea en elle. L’exquise puissance de leur rencontre les fascina, dans un instant d’éternité.
L’intelligence de la vie le guida jusqu’au centre de la fleur. Là où son nectar était le plus riche, le meilleur; là où si peu ont la chance de se rendre.
Une vague d’émerveillement les submergea quand ils eurent la vision commune du miel qui en serait tiré. Un miel à l’éclat doré éblouissant, à l’avant-goût d’ambroisie.
Qui profiterait aussi à d’autres, au-delà de leur union, diffusant en son sein la saveur diluée mais intacte de l’intensité solaire de leur amour. 

 

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