La floraison dans le chaos

Sa lucidité me pénètre, et je ne lui résiste plus.

Mes pieds au sol se stabilisent, ma conscience s’ouvre sur l’infini et le centre de mon être devient le siège de ma présence active.

Cette force du masculin en moi, je la goûte et lui rend honneur.

Au point précis de son intersection avec la vague d’amour primordiale, féminine, au plus profond de nos cœurs,  jaillit la source de tous les possibles.

Un feu d’artifice inconcevable.
Le merveilleux dans le banal.
Le bon dans le dur.
La floraison dans le chaos.
Encore et toujours.

Involvement in truth (chanson)

Un morceau inspiré par ce courage qu’il nous faut parfois pour voir les choses en face, et avancer.

Paroles :
Can you see the light is stopped by all the masks
Can you see the lies are suffocating all the hearts
Don’t you know we’ve got to see reality
Stand up and be brave
No matter disapproval
Stand up and be brave
No matter disapproval

Involvement in truth
Involvement in truth
Guide me in this long long night
Involvement in truth

I see it every day
In the mirror of the life
The fear disguised in love
And the key just deep inside
We trust in illusion
But we have a life to live
Stand up and be brave
No matter disapproval
Involvement in truth
Involvement in truth
Guide me in this long long night
Involvement in truth

Playing hide and seek with our souls…
Involvement in truth
Involvement in truth
Guide me in this long long night
Involvement in truth

Can you see the light is stopped by all the masks
Can you see the lies are suffocating all the hearts
Don’t you know we’ve got to see reality
Stand up and be brave
No matter disapproval
Stand up and be brave
No matter disapproval.

Voix, guitare : Elfi Reboulleau
Guitare solo : Jonathan Cantin

 

Vérité absolue ?

Le mot « vérité » impressionne, suscite parfois la méfiance, dérange. Pourquoi ?

Nous avons tous en tête les images de ceux qui, égarés et dogmatiques, brandissent une pensée totalement idéologique, une construction coupée de la vitalité du réel, en affirmant qu’elle est LA vérité. Que tous ceux qui ne la partagent pas sont à blâmer. Sans possibilité de discussion. Une posture dangereuse, immature et absurde. Mais alors, une vérité absolue peut elle tout de même exister ? Est-il forcément dangereux, immature et absurde de l’admettre ?
Tous les mots peuvent êtres mal usités, les réalités mal interprétées, ce qui ne remet pas nécessairement en cause leur valeur fondamentale. Que n’a-t-on fait au doux nom de la liberté, ou encore au nom du principe Divin ? Est-ce pour autant que doit être remise en question la justesse de l’idée d’une véritable liberté ou l’existence même du principe Divin ?

S’il existe une vérité absolue, les points de vue, les angles d’approche, eux, sont innombrables. A l’intérieur de ces points de vue réside la plupart du temps une part d’illusion et une part d’objectivité. Dans un fonctionnement suffisamment mature, il s’agirait donc de « confronter » notre point de vue à d’autres, dans un échange constructif : non pas l’un contre l’autre, mais l’un et l’autre pour la vérité. Les désaccords sont donc potentiellement des occasions, des moyens pour chacun de s’approcher de cette vérité en affinant peu à peu sa vision, en y réduisant la part d’illusion au bénéfice de celle de la clarté.

La somme de toutes nos subjectivités, si elle était possible, formerait alors une objectivité parfaite. La mise en lumière commune des opposés annulant le superflu, ramenant à l’essentiel.

La découverte de la vérité est donc progressive, ne cessant d’être explorée, avec toujours plus de subtilité et de beauté. Mais pour pouvoir être ouverts à des opinions différentes de la sienne, encore faut-il avoir suffisamment confiance en sa profondeur pour pouvoir se faire un avis, en dehors de toute référence idéologique extérieure. Pour avoir confiance en sa profondeur, encore faut-il la connaître, l’avoir parcourue dans ce que l’on y rencontre de glorieux comme de terrible. Cela demande de savoir identifier ce qui s’anime en nous quand le discours de l’autre nous chamboule, et de pouvoir en prendre la responsabilité.

Or, il semble que nous ayons pris collectivement, bien souvent, le parti de croire que nous n’en étions pas capable. Ceux qui, légitimement, en ont assez des affrontements bornés, stériles et violents tombent souvent dans le piège caché du relativisme à outrance.
Les débats d’idées créent des conflits ? Arrêtons de débattre ! Pas de disputes, chacun « sa » vérité et tout est parfait ainsi. Dès lors, la vérité, la réalité, l’objectivité n’a plus d’importance.
Seule compte la cohabitation plus ou moins pacifique des illusions.

Dans les milieux de la bienpensance spirituelle par exemple, l’interdit critique est devenu tellement fort qu’il est mal vu d’avoir une opinion dite « négative » ou « jugeante » sur quelqu’un ou quelque-chose. L’interdit critique devient l’interdit de penser. La dictature crainte d’une croyance extérieure imposée comme une vérité, le manque de confiance en son discernement et la peur d’être soi même rejeté pour sa singularité devient la dictature réelle du relativisme, le manque de courage du déni de ce qui ne va pas, le refus d’affirmer une véritable opinion.
Et la capacité d’appréhender l’exigeante vérité s’éloigne encore… malgré ce que l’on se raconte.

La seule façon de sortir de ce piège est de cesser de paralyser son cœur et son intellect par l’adhésion à des idéologies, quelle qu’elles soient. A appréhender le monde à partir de soi seul, en donnant de la valeur à ce que nous ressentons et pensons, sans autre repère que sa propre boussole intérieure. Approfondir la connaissance de notre fonctionnement, pouvoir reconnaître d’où nous percevons est indispensable alors. Est-ce notre sagesse intrinsèque et profonde ou bien la voix de nos émotions encore inconscientes qui s’exprime ?

Là encore, seul l’amour de la vérité peut nous guider dans cet apprentissage. Comme un phare infaillible dans la mer d’illusion où nous pataugeons depuis des milliers d’années.
Un phare dont la lumière émane de chacun de nos cœurs intacts.

phare

Corpus callosum

Il est chose simple de comprendre, et encore plus de constater que l’esprit et le cœur de l’homme ne peuvent fonctionner correctement l’un sans l’autre.

Ceux qui, par idéologie, par mésestime inconsciente d’eux-mêmes se coupent de leur intellect et croient dans le même temps goûter la force de l’Amour sur Terre ne peuvent incarner de lui qu’une version faussée, dénaturée, rendue niaise, plate et simpliste.

Ceux qui, par idéologie, par mésestime inconsciente d’eux-même se coupent de leur intuition et croient dans le même temps goûter la force de l’Intelligence sur Terre ne peuvent incarner d’elle qu’une version faussée, dénaturée, rendue sèche, dure et simpliste.

Reste le trait d’union, corpus callosum, clef des profondeurs.

Nous avions pris de l’élan, certes, jusqu’à la levée inexorable des vents contraires. Là où nous étions portés par les prémisses de nos visions, nous voilà luttant péniblement pour rassembler leurs morceaux, déchiquetés par le réel. Émiettés par la souffrance. Mais jamais totalement anéantis, attendant simplement leur heure pour renaître à l’évidence.

 

 vent contraire

Vision du monde

Ce matin, Martine a perdu ses lunettes et avec elles sa vision du monde.

Son premier réflexe fut d’appeler son amie médium; elle saurait peut-être lui indiquer une piste. Après une interminable séance de :
« Tu chauffes par là, oui, tu brûles, ah non là tu refroidis… », Martine abandonna cette idée.

Elle décida de contacter plutôt son nouveau guide spirituel, qu’elle avait trouvé en promotion sur Amazon et qui, paraît-il, était très bien. Elle lui envoya donc un message lui exposant sa situation délicate. Après avoir débité sa carte bleue du montant convenu (la prudence n’est-elle pas un signe de sagesse ?), le guide lui donna tout un protocole spécialement conçu pour ce genre de situation.

Martine plaça consciencieusement quatre bougies de couleur violette dans la direction des quatre points cardinaux, alluma un bâton d’encens au lotus bleu des plaines du Rajasthan et se mit à réciter la prière que lui avait donné le guide. « A voix haute, c’est important » avait-il précisé. Elle y mit toute sa détermination.

Aucun miracle ne se produisit.

Jusqu’à ce que, découragée, elle ne se laisse tomber dans son fauteuil en soupirant largement. A qui pourrait-elle de l’aide maintenant ? Et pourquoi rien n’avait marché malgré sa bonne volonté ?
Tout en réfléchissant, elle fit une dernière fois le tour de la pièce des yeux sans trop y croire, elle avait déjà cherché partout. Elle était sur le point d’abandonner quand soudain, pendant un dixième de seconde, elle croisa son reflet dans une vitre. Martine se mit alors à rire de bon cœur, ne parvenant plus à s’arrêter.

Perchées sur son crâne, ses lunettes siégeaient, imperturbables.

 

Bougie violette